Keurig - Capsules café

John Sylvan, ancien dirigeant de Keurig et inventeur de la célèbre capsule à café expresso, regrette amèrement son œuvre sur le plan écologique.Le nombre de capsules produites par an équivaut (mises bout à bout) à environ 11 fois le tour de la terre et continu de grandir de jour en jour.

Il y a de cela quelques mois, une vidéo à elle aussi fait le tour du monde. Cette vidéo dénonçait la pollution qu’engendre les capsules expresso, de manière caricaturée, et montrait ainsi de grandes et monstrueuses machines à café surdimensionnées qui attaquent et détruisent une ville. Un slogan pouvait d’ailleurs y être lu et entendu « tuez les K-cup avant qu’elles ne tuent la planète« . K-cup faisant référence à Keurig, grand leader américain.

Kill the K-Cup – Une vidéo originale et spectaculaire !

En effet, sur un total de 9 milliards de capsules vendues par l’entreprise en 2014, seulement 5 % d’entre elles sont recyclables. Une capsule de café est composée d’aluminium, de plastique et de papier, un dur défi pour un recyclage.

L’ex dirigeant de Keurig, John Sylvan en était déjà convaincu avant l’apparition de cette vidéo. A l’époque il ne mesura pas l’impact écologique de son invention et la regrette à présent, confie t-il dans une interview du The Atlantic.

A la création de la capsule, les investisseurs n’étaient pas aux rendez-vous, rejetant un à un les démarches et les démonstrations concernant les prototypes. John Sylvan dut alors se débrouiller seul, pendant plusieurs années, et finit même à l’hôpital pour avoir eu le malheur de boire trop de cafés (40 cafés) en voulant tester lui-même son produit.

Loin d’être saugrenu, son idée démarre d’un problème simple : Le café moulu a tendance à s’oxyder. John Sylvan invente alors un système d’emballage sous capsule pour le protéger. A cela, il créa en parallèle la dépendance du client. En effet, lors de l’achat d’une machine a expresso, le client devient dépendant et a besoin régulièrement de s’approvisionner en dosettes.

Une persévérance qui fini par payer mais à quel prix ?

Dans un premier temps, les capsules de café de John Sylvan n’étaient destinées qu’aux entreprises. Il était alors loin d’imaginer que quelques années plus tard, des milliers de foyers allaient en être équipés.

Lorsqu’il perd son exclusivité en 2012 et que ses brevets deviennent publics, de nombreuses sociétés arrivent sur le marché « du particuliers » et les concurrents deviennent vite très nombreux.

A ce jour, 40 % des français possèdent une machine à café à capsule et 500 millions de capsules sont vendues chaque année en France selon Que Choisir. Malgré un chiffre d’affaires de plus de 4.7 milliards de dollars, John Sylvan avoue avoir « quelques regrets » puisqu’il a du vendre des parts en 1997, faute de moyens, abandonnant donc une part chaque année de son chiffres d’affaires.

Aussi dingue que cela puisse paraitre, John Sylvan ne possède pas de machine à café à capsules. En effet, selon lui, les capsules représentent un trop grand coût annuel sur une consommation régulière. Ainsi, on estime qu’un kilo de café en dosette équivaut entre 40 et 70 euros d’investissement et qu’une tasse coûte 35 centimes environ. Sans compter les déchets générés.

Alors que faire à présent ? Faut-il abandonner cette invention et retourner dans le passé ? Existe t il un substitut fiable et plus écologique ?

La réponse, c’est peut être Alan Adler qui la détient. En effet, Alan Adler, inventeur du Frisbee, s’est lancé à son tour dans la ruée vers l’or ou plutôt le café ! Ainsi, il créa l’AeroPress, une petite invention qui pourrait bien changer la donne.

Aeropress - Machine à café

Un café avec l’Aeropress

L’AeroPress est principalement composé de plastique (aïe…) et ne coûte que 30 dollars. Un bon compromis qui fait déjà le bonheur des baristas qui prétendent que cette invention garanti un excellent goût et un bon rapport qualité / prix.

En parallèle, certaines entreprises se mobilisent et se penchent sur le sujet. Des capsules biodégradables ont commencé à voir le jour. Reste à espérer que cela fonctionne correctement et que leurs coûts ne soit pas trop excessif.

John Sylvan, quant à lui, s’est probablement fait une raison puisqu’il a quitté le secteur du café et a créé une entreprise photovoltaïque nommée Zonback (signifiant « boîte solaire » en néerlandais). Peut-être pour lui la façon de faire de tourner la page.