Une prise de conscience des consommateurs et des industriels

Le développement durable, l’éco-management, le respect de l’environnement et la responsabilité sociétale sont des concepts que les entreprises ne peuvent plus ignorer dans un contexte socio-économique en continuelle évolution.

Cette préoccupation vis-à-vis de l’environnement se retrouve dans le comportement des entreprises qui cherchent à réduire progressivement leurs impacts sur l’environnement. Afin de démontrer leur engagement, certaines entreprises ont adopté une démarche particulièrement innovante: rendre les emballages de plus en plus écologiques.

En effet, les emballages sont une source majeure de pollution. Leurs effets néfastes se produisent au moment de leur production, de leur transport et de leur élimination (émission de gaz à effet de serre…). L’objectif est de ne plus considérer les emballages comme des sources de déchets mais comme des matières premières renouvelables recyclées et recyclables.

Située au cœur de cette activité, l’industrie agroalimentaire (première consommatrice d’emballages) est particulièrement concernée avec 66% du chiffre d’affaires de l’industrie de l’emballage; c’est également l’industrie la plus confrontée aux exigences réglementaires et ceci à toutes les étapes de la chaîne de production.

Parmi les industries agroalimentaires qui ont amorcé un mouvement de grand ampleur au niveau de l’éco-conception de leurs emballages, on trouve :
Coca Cola qui a conçu un emballage « PlantBottle » 100 % recyclable, utilisant jusqu’à 22,5% de PET d’origine végétale et 25% de plastique PET recyclé.

PlantBottle-Coca-ColaDanone avec ses pots de yaourt en amidon de maïs et ses bouteilles d’eau Volvic à base de canne à sucre, un sujet qui a suscité une grande polémique en France.
Swiss Coffee Company qui se distingue par des capsules de café sous la marque « Beanarela » composées essentiellement de matière végétale, ce sont les premières capsules à café compostables au monde.
• Un autre exemple plus récent, celui de la marque Valio qui a lancé au début de cette année son lait demi-écrémé sans lactose « Eila » dans un emballage entièrement recyclable. Le Tetra Rex est une première mondiale, conçu par le géant Tetra Pak après plusieurs années de recherche et de développement, il est désormais déployé partout dans le monde. Après le succès de son lancement, il a remporté un Gold Award à la cérémonie Pro2Pac excellence Awards au Royaume-Uni en tant que premier emballage au monde entièrement renouvelable. Le nouvel emballage de dernière génération est entièrement composé de matières agrosourcées renouvelables (bioplastiques et carton). Le carton est issu du bois certifié Forest Stewardship Council (FSC), alors que les bioplastiques sont d’origine végétale produits par Braskem, leader brésilien de la production de bio-éthylène à partir de la canne à sucre. Ce qui vaut à l’emballage la certification origine végétale la plus élevée, délivrée par Vincotte, organisme de certification internationalement reconnu.

 

Idée choc ou en toc?!

Ces marques ont choisi la bioplastique basée sur des ressources renouvelables végétales (canne à sucre, maïs, patate douce, blé…) pour leurs nouveaux emballages. Mais s’agit-il vraiment d’un progrès écologique ou juste de marketing vert ?

Si les entreprises font bel et bien des efforts, c’est aussi sans doute pour des raisons marketing vis a vis des consommateurs de plus en plus sensibilisés à l’écologie et à l’environnement.

Bien que la production de bioplastiques contribue à la réduction de l’empreinte carbone à 42℅, il faut cependant noter que les bioplastiques ont aussi des impacts néfastes. En effet, avec une production de masse, une grande entreprise spécialisée dans la production de ces emballages aura recours à une énorme quantité de matières premières telles que la canne à sucre ou le maïs pour honorer ses commandes. Cela conduira par conséquent à une accélération du taux de la déforestation, un risque d’érosion des sols et un épuisement de certaines sources d’eau, ce qui est actuellement le cas au Brésil, leader mondial de la production des bioplastiques.

En définitive, nous devrions remédier à tous ces problèmes afin que ces emballages soient tout à fait écologiques et bénéfiques pour tout l’écosystème. L’alternative serait d’étudier et d’encourager une culture de masse des matières premières utilisées dans la production de ce genre d’emballage vert sans compromettre les besoins des générations futures.

Et vous, êtes-vous sensible au Green Packaging ?




Fatima-Zahrae MCHACHTI
Fatima-Zahrae MCHACHTI est Ingénieur d’état en Industries Agricoles et Alimentaires. Elle occupe actuellement la fonction de Responsable Qualité.