Quand le roseau fait plier le marché du plastique

Un bio-plastique à base de roseau

A Mende (Lozère), un chef d’entreprise a mis au point un procédé de « plastique végétal » avec une plante étonnante, le miscanthus.

Un bio-plastique nommé Biomiscanthus

Sa recette est aussi secrète que celle du Coca-cola. L’inventeur de ce plastique végétal 100 % naturel espère qu’il connaîtra un destin aussi riche que la boisson gazeuse mondiale.

Actuellement présent au salon de l’Emballage à Paris où il en fait la promotion, René Marchal annonce fièrement, après 10 ans de recherche, le lancement de la production et la commercialisation de ce bioplastique unique en France. Très prometteur, il est baptisé Biomiscanthus.

« Tubes à rouge à lèvres, carte sim, stylos : il peut tout faire »

Une dizaine de tonnes ont été produites, pour l’instant par un sous-traitant, qui sert de tests auprès de la filière plasturgique. « Cela permettra très vite de contractualiser les relations commerciales et structurer la production », précise René Marchal, aidé notamment par la région Languedoc-Roussillon et Lozère Développement, qui a déjà investi 1,5 M€.

De quoi amorcer la création d’une filière qui pourrait créer de nombreux emplois

« Notre procédé est compétitif (il coûte entre 2 700 € et 3 000 € la tonne) dès que le baril de brent atteint les 80 $. Et comme la hausse du pétrole coûte structurellement de plus en plus cher… » Chargé de mission, Guillaume Lathuilière renchérit : « Une hausse de 2 % du pétrole signifie un produit fini 20 % plus cher.. ».

Depuis la pépinière d’entreprise de Mende (Lozère) où la start-up est installée, René Marchal confie qu’il ouvrira une unité de production en 2014 à la Thieule.

Ce roseau, surnommé herbe à éléphant, qui, une fois transformé en granulés et associé à des composés cellulosiques, est capable de remplacer et concurrencer les plastiques traditionnels issus de la pétrochimie. Mieux : « Cette plante, seul bio-plastique de seconde génération, 100 % biodégradable et compostable, ne nécessite aucun arrosage ni aucun additif toxique », ajoute son concepteur.

Il a un gros avantage : c’est une matière végétale non vivrière évitant que des ressources comme le maïs, le colza, le blé ou la canne à sucre ne soient détournées de leur fonction.

René Marchal nous parle de Biomiscanthus

« Le procédé est une rupture technologique qui permet de tout faire, y compris des tubes de rouge à lèvres, des cartes sim, des stylos et des tees de golf », s’enthousiasme René Marchal. Ce dernier souhaite trouver rapidement des partenaires industriels et financiers pour percer sur un marché mondial de 600 000 tonnes annuelles de bio-plastique et devenir un acteur majeur du secteur.

« Il suffit de couper et ça repousse. Et sans eau ! »

« Rien qu’avec le roseau existant en France, on peut couvrir les besoins mondiaux de bio-plastique : le rendement est dès la deuxième année de 20 à 25 tonnes à l’hectare ! Et pendant 15 ans, il suffit de couper et ça repousse. Et sans eau ! »
Ce roseau est cultivé en Aquitaine et Picardie, notamment.

Source : Le Midi Libre

One Response
  1. Marchal René 2 années ago

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge